Un cinéphile avait rapporté que pour pouvoir acheter un billet à la première du film Thala mon amour de Mehdi Hmili, il fallait aller à l’hôtel l’Africa. Mais pourquoi aller à l’Africa lui a-t-on répondu, puisque le film se projette au Colisée ? Eh bien tout simplement, la queue commence là-bas !  En effet, une affluence record jamais vue devant le guichet affichant complet.

L'équipe de THALA MON AMOUR à l'ouverture des JCC

L’équipe de THALA MON AMOUR à l’ouverture des JCC

Nous l’avons enfin vu ce film et l’attente en valait le sacrifice.  Un vrai film  qui va contre un peu les autres. Il avait cette sorte de dimension de « pèlerinage ». sur les traces de la tunisie « libre ». Pélerinage, à thala, Rdeyef et Kasserine souvent oubliées et loin de ces tournages au cœur de la capitale et de l’Avenue Bourguiba.  Pèlerinage sur les propres traces  du réalisateur où il mobilise les images qui disent, qu’ ailleurs, la part de grandeur des hommes et des femmes est dans leur combat, leur aspiration à la liberté et à leur héroïsme.

Un film bien structuré et bien écrit. Une écriture poétique et  « le vrai livre », c’est le film qui a les qualités d’habitude prêtées à l’écrit du jeune réalisateur.

Thala mon amour est le premier long-métrage, réalisé et écrit par Mehdi Hmili, le plus jeune réalisateur tunisien dans la course à la competition JCC 2016. Le film narre les jours pénibles d’avant la révolution tunisienne loin de la capitale. Un opposant du régime Ben Ali, s’évade de prison rien que pour retrouver sa bien-aimée Houria, retrouver une liberté qui porte son nom.Dans un décor chaotique, le calvaire des habitants est saisissant. La caméra toutne autour de « gens simples  qu’on ne montrait pas… Ils  n’ont pas un beau physique pour mériter  l’écran. ».

14601084_1452447158113431_5916683905531789608_n

Mehdi Hmili est completement sorti des sentiers battus, en reproduisant la révolution telle qu’elle dans la violence et la terreur.  «  je voulais filmer la sueur, les briques et les pierres. ..” La  révolution ne sentait pas le bon le jasmin. Les personnages se sentent puissants et impuissants face à cette révolution justifiée ou pas dans laquelle les destins des personnages vont se croiser. La mise en scène réussie nous plonge au cœur du drame historique, en alternant des séquences propres à chaque protagoniste. Les plans « , nous donnent une impression de proximité avec les personnages. Au plus près de l’action, on se sent comme happé dans leur tragique situation. En misant sur l’authenticité, Mehdi Hmili, a signé un film prenant, qui dérange, émeut et qui frappe remarquablement juste.