Ezzeddine Alaya, le couturier franco-tunisien, idole des fashionistas parisiennes est décédé. Il avait à peine 77 ans. « Jamais en quelque cinquante-cinq années de carrière, le couturier se sera plié au timing infernal imposé par le calendrier officiel de la mode ». rapporte Le Point.fr « Fait rare, cet épicurien a su démontrer avec talent qu’on pouvait accéder à la lumière tout en se positionnant en marge du système. Artisan des corps plus que styliste vedette, toute sa vie, Azzedine Alaïa aura conservé ce goût du travail parfaitement exécuté et de l’indépendance face au nouveau marchandage publicitaire qui fait rage chez ses concurrents. Hommage à cet ovni de la mode qui vient de nous quitter.
Débarqué à Paris dans les années 60 à l’issue de la guerre d’Algérie, le jeune couturier franco-tunisien intègre immédiatement la maison Dior sous l’égide d’Yves Saint Laurent, nouveau maître des lieux à la suite de la disparition de Christian Dior. Renvoyé cinq jours plus tard, faute de papiers, Azzedine Alaïa poursuit sa formation chez Guy Laroche et Thierry Mugler, avant de se constituer une clientèle privée dans son petit atelier de la rue de Bellechasse. Robes sculpturales, lignes moulantes, matières près du corps, tailles soulignées par des coupes en biais, fourreaux…, l’architecte des corps est né. Vêtu de son invariable costume chinois noir, Azzedine Alaïa se fait l’artisan de la féminité exacerbée et cela ne surprend pas ses clientes d’apprendre que le jeune prodige a étudié la sculpture aux Beaux-Arts de Tunis. Entre autres, l’actrice Arletty raffole de ses créations, tout particulièrement de la célèbre petite robe noire zippée créée pour elle vers 1970. En quelques années, Azzedine Alaïa est devenu le virtuose de la couture et c’est encouragé par son ami Thierry Mugler qu’il consent à monter sa propre maison de couture. »

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