Un film poignant qui traite d’un vrai sujet des enfants de la lune. Une maladie rare mais où son taux est le plus élevé du monde en Tunisie, lorsque les chiffres montrent qu’ils sont à titre d’exemple 70 enfants en France, 300 aux Etats-Unis et 1000 dans notre pays.
La réalisatrice, Hiba Dhaouadi, qui travaille sur le projet depuis plus de six ans, narre dans son film, le quotidien et le défi des enfants atteints de « Xeroderma Pigmentosum » qu’on appelle plus simplement les «enfants de la lune».

Un film puissant sans pathos porté par Lamia, Aya et Siham qui transcendent leurs personnages taillés pour elles, fantastiquement « vrai ».
Dans sa retenue et sa pudeur, la bonne distance du film, se situe à travers la réalisatrice par rapport à ce qu’elle dépeint. Elle ne dramatise pas et n’abuse pas de son sujet.

Un thème difficile, souvent compassionnel qui évite les écueils du mélo et du docu-fiction. Ce que fait délicatement la réalisatrice
C’est dans une salle comble et en présence d’un grand nombre de personnalités du 7èmeart, le 5 novembre qu’eut lieu l’avant-première du long métrage documentaire ¨Girl of The moon » avant sa sortie en salle en 2019 et qui traite du sujet des enfants de la lune. Le Film est soutenu par « le prix rambourg fondation pour l’art et la culture » « chicken egg pictures » ainsi par l’association d’aide aux enfants de la lune, qui aide et assiste les enfants atteints de cette pathologie mortelle.

Hiba Dhaouadi raconte le calvaire de cette communauté marginalisée, mise à l’écart, ainsi que leur combat quotidien à travers des témoignages forts et des séquences de vie qui ont touchés le public.
Le film, d’une durée de 62 minutes, dévoile en effet, la vie peu ordinaire de Lamia, Aya et Siham… Elles représentent les mille enfants tunisiens à souffrir de Xeroderma Pigmentosum.
Cette maladie génétique rare qui oblige les enfants à se protéger totalement du soleil et de tout rayon ultra-violet, leur interdisant la lumière, sous peine d’entraîner des brûlures et des lésions cancéreuses.

Soucieuse de cette triste réalité, Hiba Dhaouadi veut sensibiliser le gouvernement et l’opinion publique sur cette condition qui touche les enfants afin de promouvoir la recherche médicale, la prise en charge ou encore l’aménagement de structures adaptées.

La productrice du film, qui n’est autre que Nada Mezni Hafaiedh qui a encore sorti le grand jeu pour le bonheur des adeptes de documentaires, en mettant sous les projecteurs la minorité discriminée de notre société. Cependant et malgré tout,« Bent El Gamra » est une ode à la vie, un apprentissage où résonne le « C’est extra de Léo Ferré », où l’enfant devra attendre l’heure des vampires pour conquérir ses rêves. Un film à pellicule ultrasensible où les jeunes héroïnes sont condamnées dans la vie également à la chambre noire.

Nadia Ayadi

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