Le projet Lemma, en partenariat avec l’OCDE, a présenté « Talents à l’étranger », une revue des émigrés tunisiens. Il s’agit d’une étude inédite sur les émigrés tunisiens dans les pays de l’OCDE. Riche en données et en analyses, l’étude a été réalisée par l’OCDE en partenariat avec le projet Lemma. Le dernier soutient le partenariat pour la mobilité signé en 2014 entre la Tunisie et dix pays européens.

Cette contribution majeure constitue un véritable outil d’aide à la décision et à l’action publique en faveur de l’engagement des émigrés tunisiens dans le développement du pays. Sur cette base, et grâce aux expériences accumulées en matière de mobilisation des diasporas, il est possible de formuler des recommandations pertinentes en termes de politiques publiques afin de renforcer les liens avec les émigrés et de mobiliser leurs compétences au profit du développement de la Tunisie.

L’étude s’appuie sur la base de données de l’OCDE sur les immigrés dans les pays de l’OCDE (DIOC), complétée par de nombreuses autres sources de données nationales et internationales.
En 2015-2016, les pays de l’OCDE comptaient 630 000 émigrés tunisiens et 83 % d’entre-eux résidaient en France, en Italie ou en Allemagne. 76 % d’entre eux sont encore en âge de travailler.
L’effectif des émigrés tunisiens dans les pays de l’UE avoisine les 500 000, et la majorité ont encore moins de 35 ans. Tendances récentes de l’émigration tunisienne Entre 2000-2013, les flux migratoires de la Tunisie vers les pays de l’OCDE ont augmenté de 74% (près de 27 000 par an). Depuis 2013, les flux migratoires légaux de la Tunisie vers les pays de l’OCDE sont stables (25 000 par an).

En 2016, la Tunisie occupait la 62e position parmi tous les pays d’origine en termes de flux migratoires à destination des pays de l’OCDE. Les migrations de la Tunisie vers les pays de l’OCDE restent dominées par des flux familiaux, mais les migrations pour motif professionnel augmentent depuis quelques années et les flux d’étudiants vers les pays européens de l’OCDE ont quant à eux doublé depuis 2008 (plus de 6 500 permis délivrés en 2016-2017).
Ainsi, la part des Tunisiens dans le total des permis délivrés pour motif d’études par la France a atteint près de 6 % en 2017, ce qui fait de la Tunisie le quatrième pays d’origine des étudiants étrangers originaires de pays tiers en France, derrière le Maroc, la Chine et l’Algérie.

Dans les pays de l’OCDE, 47% des émigrés tunisiens présentent un niveau d’éducation faible. Toutefois, ce niveau tend à augmenter et l’on constate, par ailleurs, que 77% des descendants d’émigrés tunisiens ont un niveau d’éducation intermédiaire ou élevé. Les émigrés tunisiens récents sont majoritairement jeunes et qualifiés ; la question des opportunités d’emploi est le principal motif incitant les Tunisiens à souhaiter quitter leur pays. Situation des émigrés tunisiens sur le marché du travail Les situations des émigrés tunisiens sur le marché du travail sont hétérogènes selon les pays d’accueil : en Amérique du Nord ou en Suisse, les émigrés tunisiens ne rencontrent pas de difficultés sur le marché du travail, tandis que dans leurs principaux pays de destination européens (France, Italie ou Belgique), les émigrés tunisiens ont des taux d’emploi relativement bas et des taux de chômage relativement élevés. Toutefois, les émigrés tunisiens diplômés du supérieur ne rencontrent pas de difficultés supplémentaires à valoriser leurs diplômes par rapport aux personnes nées dans le pays.

Ce résultat suggère une assez faible prévalence de la discrimination envers les émigrés tunisiens diplômés du supérieur, de même qu’une relative efficacité des accords de reconnaissances des diplômes tunisiens à l’étranger.
.

On peut estimer que l’effectif total des tunisiens de retour âgés de 15 ans et plus résidant en Tunisie en 2014 était de l’ordre de 60 000, dont 20 000 revenus après 2009. Deux tiers d’entre eux résidaient auparavant dans un pays de l’OCDE.

À leur retour, les émigrés tunisiens occupent souvent des emplois complémentaires de ceux occupés par le reste de la population. Les tunisiens de retour hautement qualifiés jouent à ce titre un rôle clé et il est indispensable de valoriser au mieux leurs compétences. Les tunisiens de retour, mais aussi les émigrés tunisiens résidant encore à l’étranger, contribuent également au développement économique de la Tunisie au travers de leurs transferts de fonds, de la création d’entreprises ou d’investissements, qui sont des moteurs clés de la création de nouveaux emplois.

Crédit photos : Samy Touati

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.