Après un baccalauréat classique en mathématiques avec la mention très bien, Saker Sabkha avait sagement suivi les recommandations de sa maman travaillant dans le domaine du coaching professionnel, pour intégrer l’IHEC Carthage. Il avait reçu une formation polyvalente fortement tournée vers le monde de l’entreprise. C’est ce qui lui a permis de s’ouvrir sur le secteur fondamental de l’économie. Nous avons rencontré cet enfant prodigue qui vient de recevoir le prix de la meilleure thèse en finance lors d’une belle cérémonie qui à la Sorbonne.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre formation académique ?

J’ai beaucoup aimé la formation généraliste qui ouvre à ces métiers d’entreprise avec toutes ses grandes fonctions : marketing, gestion des ressources humaines et gestion comptable. Mais, au fur et à mesure de l’avancement dans mon cursus, je souhaitais particulièrement comprendre le système nerveux de l’entreprise, ce milieu complexe associé à de nombreux clichés négatifs – mais aussi à des faits avérés. Je parle bien évidemment de la finance.
C’est ainsi que vous avez intégré le domaine de la finance ?

J’ai en effet entrepris un cursus, en intégrant, en troisième année de licence une spécialité finance en passant ensuite, un Master de recherche en finance où j’ai fini major de ma promotion.

Ces deux diplômes ont été parallèlement accompagnés par deux expériences professionnelles.
Lesquelles ?

Une première expérience en tant que trésorier dans une société multinationale du secteur pétrolier et une deuxième expérience en tant que contrôleur de gestion dans le secteur bancaire.
Bien que ces expériences aient été intéressantes et surtout enrichissantes, elles m’ont fait prendre conscience de mon intérêt pour le monde académique et principalement universitaire.

Vous êtes par conséquent engagé dans une double voie?

Effectivement, c’est avec la ferme intention de m’engager dans justement la double voie de la recherche et de l’enseignement que j’ai réalisé une thèse en Finance de marchés.

Vous étiez boursier ?

Ce qui m’avait permis de mener mes recherches à bien, c’est en effet grâce à une bourse d’Excellence Eiffel octroyée par le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères couplée à un financement par le programme « Investissement d’avenir » du gouvernement français.
Mon travail de thèse (qui a été soutenue en juillet 2018 à l’Institut des Sciences Financières et Actuarielles de l’université Lyon 1 m’avait permis de recevoir le prix de la meilleure thèse en finance, lors d’une cérémonie qui a eu lieu à la Sorbonne (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne).

Cela vous a fait quoi ?

Être reconnu par un jury composé d’universitaires et de professionnels pour la qualité de mes travaux de recherche est un grand honneur.

Vous vous attendiez à recevoir un tel prix ?

L’annonce de ce prix m’a beaucoup surpris et surtout réjoui, plus particulièrement parce qu’il s’agit d’un prix au niveau national de la France et que la concurrence ait été très rude. Les autres nominées finalistes sont issues d’universités très prestigieuses telle l’École Normale Supérieure de Paris, Université Paris Dauphine.
Mes travaux ont été longs à réaliser et souvent très ardus et je suis donc très heureux de voir que tous mes efforts ont porté leurs fruits.

Une telle récompense vous mènera sans doute vers d’autres horizons ?

Elle va surtout me permettre de donner plus de visibilité à un travail qui m’a beaucoup passionné. Recevoir autant de reconnaissance m’encourage énormément à aller de l’avant surtout en début de carrière.
C’est avec un sentiment de soutien de la part de mes collègues scientifiques-chercheurs et un sentiment de gratitude que j’espère faire profiter la communauté tunisienne et internationale de ce modeste travail.

Quels seront par conséquent vos future ambitions ?

Faire de la recherche et enseigner à l’université ont toujours fait partie de mes objectifs.

Et la carrière professionnelle ?

Elle n’est pas exclue, mais sera très certainement envisagée au cours d’une autre phase de ma vie. Pour le moment, je ne cherche pas la stabilité professionnelle. Je cherche plutôt une évolution intellectuelle.
Je suis habité par le développement de mon background théorique et académique, qui me semble indispensable aux postes de la sphère stratégique et décisionnelle des entreprises…surtout dans un domaine aussi vaste que celui de la finance.

Souhaiteriez-vous travailler à l’étranger ou en Tunisie ?

Jusqu’ici, je n’ai jamais eu l’idée de quitter mon pays et de m’installer à l’étranger. L’intérêt de mon départ vers la France en début de thèse a surtout été pour acquérir une nouvelle expérience et enrichir mon CV. Je voulais également me développer sur le plan personnel et relationnel en touchant d’autres cultures et en tissant des liens à l’échelle internationale.

Pourquoi avoir choisi de vous installer en France ?

J’ai décidé de m’installer et de travailler en France – du moins sur le court terme – pour monter en compétences et en connaissances d’envergure internationale… et pouvoir retourner par la suite en Tunisie avec une logique et une vision plus globale des choses. Mon objectif est de profiter et faire profiter mon pays d’un benchmark des méthodes pédagogiques et scientifiques étrangères.

Que faites-vous actuellement ?

Je travaille dans le cadre d’un post-doctorat universitaire à l’université Paris Nanterre. Je signerai dans les prochains jours un contrat avec une autre université de la région parisienne pour un poste de Maître de conférences.

Quels serait votre message pour les jeunes Tunisiens?

Ce que je peux dire aux jeunes étudiants c’est que le monde peut être vu sous plusieurs prismes. Il faut donc choisir et dessiner sa propre vision avec ses propres objectifs et veiller à les réaliser.
Il faut apprendre à être fort et le meilleur. Ne jamais abandonner et surtout travailler très dur. Le travail finit toujours par payer ! Le travail est la seule recette de la réussite !

Entretien conduit par Nadia Ayadi

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