Pour échapper aux conflits meurtriers et à leur violence, à la terreur et aux persécutions politiques ou religieuses, à la pauvreté et à la faim, hommes, femmes et enfants quittent leur pays, leurs proches, pour s’engager dans un parcours migratoire souvent tragique et dangereux.

C’est le cas des Africains, des Syriens, des libyens qui depuis 2011, sont contraints de fuir hors frontières. De nombreux migrants en provenance principalement de l’Afrique, de Syrie et de Libye viennent vivre provisoirement en Tunisie, y restent quelques années, pour amasser un peu d’argent, avant de retourner sans doute dans leur pays. Les jeunes filles et femmes, en particulier, deviennent travailleuses sexuelles ou employées domestiques. Elles souffrent souvent de nombreuses difficultés d’accès au système de santé, méconnaissent leurs droits, et sont fréquemment victimes d’harcèlement et de violence. L’Organisation Médecin du Monde Belgique qui vient d’ouvrir un bureau à Tunis est une ONG médicale, membre du réseau international de Médecins du Monde agissant en faveur des groupes vulnérables. MDM Belgique est déjà à sa troisième rencontre des « Jeudis du Plaidoyer ». Ce rendez-vous eut lieu le 17 novembre curant et avait pour thème « L’accès à la santé sexuelle et de la reproduction pour les femmes migrantes. Trois axes ont été débattus à savoir l’approche participative dans les zones défavorisées de Gafsa et de Sidi Bouzid, la lutte contre les violences liées au genre et l’amélioration de l’accès aux soins pour les populations migrantes du Grand Tunis.

Après avoir visionné un documentaire sur la réalité de ces migrantes, une assistance médico-sociale s’impose dans le but d’assurer, avec d’autres acteurs pertinents, l’accès aux services de base. Cette composante vise également à développer un réseau de partenaires publics, non-gouvernementaux et internationaux afin de mettre en œuvre des actions favorisant l’accès aux soins et à l’assistance sociale pour les migrants vulnérables vivant en Tunisie et la sensibilisation des différentes structures au respect des droits des migrants. Parmi ces droits, celui à la santé qui est reconnu en tant que droit humain fondamental autant dans ses dimensions physiques que mentales et sociales.

Le droit d’avoir accès à une offre de services de planification familiale, le droit de vivre à l’abri des violences sexuelles et dans le respect de son intégrité corporelle. L’obstacle principal que rencontre un migrant serait d’abord d’ordre financier. Ces derniers vivent dans des situations socioéconomiques très précaires. Cet obstacle devient d’autant plus aigu lorsqu’il s’agit d’examens complémentaires couteux dans le cadre d’une urgence ou de pathologies lourdes et chroniques.

Le projet consiste à apporter à ces femmes toute l’information et l’accompagnement nécessaires pour les former en matière de santé sexuelle et reproductive et leur permettre de se rendre dans les centres de santé existants, tout en luttant contre les discriminations et les violences dont elles sont victimes.

N.A

 

 

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