Qui n’a jamais entendu parler de la marque Anaïs de Raoudha Riza, l’ex speakerine phare de la télévision tunisienne? Anaïs le nom de la marque haute couture ne vous est-il pas familier ? Elle avait marquée l’histoire parmi les grands de la couture tunisienne par l’originalité de sa création. Aujourd’hui, la marque innove et se rafraîchie par une relève qui bouleverse les codes établis. Un style complètement novateur se propulse : « Anaïs » devient « Miss Anaïs » ! La nouvelle jeune créatrice n’est autre que Myriam Riza, la propre fille de notre Raoudha nationale. Qui l’aurait cru ? la formation de notre artiste est pourtant si loin du stylisme modélisme. Femmes et Réalités a rencontré cette jeune et dynamique femme dont la marque évolue depuis plus d’une année et qui fait déjà beaucoup parler d’elle. Entretien.

Comment êtes-vous venue à la mode vous qui êtes diplômée en finances ?

Parallèlement à une carrière dans la finance en France, au Koweit et en Tunisie, j’ai toujours évolué dans le monde de la création et de la mode. En effet, ma mère Raoudha Riza, comptait parmi les créatrices de mode les plus en vue dans les années 80 en Tunisie. Toute jeune déjà je passais mes vacances dans son atelier, toujours sur les genoux d’une de ses couturières ou à jouer avec les paillettes !! Puis plus grande je confectionnais mes propres vêtements et parallèlement à mes études j’aidais beaucoup ma mère sur les aspects communication et pour la préparation des défiles autant sur le plan artistique qu’organisationnel.

A quel moment vous vous êtes dit qu’il fallait créer votre propre marque?

En 2017, j’ai décidé de reprendre le flambeau en lançant ma ligne de vêtements sous la marque Miss Anaïs.
Je me cherchais beaucoup et même si j’adorais ce que faisait ma mère et que j’aimais voir porter ses créations, je porte moi-même rarement des robes. je suis toujours en jean et tee shirt… La décision était donc prise de travailler le jean et le coton en y mettant ma touche.

Comment définiriez-vous le style Miss Anaïs?

Miss Anaïs est une marque de vêtements sport chic brodés main et personnalisés. Le style y est à la fois simple, élégant, alliant paillettes et sobriété.

Quel est le moment qui vous a le plus marqué dans la carrière de votre maman Raoudha Riza?

Sans hésiter : Ses défilés à l’étranger à Paris, en Belgique, à Madrid ou encore à Beyrouth et au japon pendant la foire universelle d’Ayshi. J’ai vraiment été fière de la reconnaissance qu’elle avait obtenue au-delà des frontières tunisiennes. j’espère qu’un jour j’aurai la chance d’en faire autant.

Quel est votre astuce pour surmonter les difficultés dans le métier ?

En me réinventant toujours ! Je peux passer d’un style Rock à un style Hippie ou casual chic ! Je veux qu’à chacune de mes expos on trouve des nouveautés jamais vues dans les précédentes. Par exemple, en avril dernier, j’ai travaillé les trelly brodés main et les kimonos, en mai j’ai créé des« robes tee shirt » en coton brodés de différents fruits de saison (raisin, cerises, ananas…), alors qu’en juin c’était plutôt les halter et debardeurs « tie and Die » rebrodés ainsi que les shorts en jean vintage.
Même si le concept reste finalement toujours le même- broder les vêtements à la main au crochet selon la méthode tunisienne traditionnelle que nous ont apprises nos grand-mères, sur du coton ou du jean – les coupes et les motifs changent selon les envies de mes clientes… Ce sont donc ces dernières qui me permettent de me renouveler. Vous n’imaginez pas à quel point les échanges avec elles sont sources d’inspiration ! Je les en remercie !

Quels sont vos projets en tant que styliste et femme ?

J’aimerais développer ma marque à plus grande échelle, j’ai commencé avec une seule brodeuse, j’en suis déjà à trois aujourd’hui. Fonctionner sans retard de production avec des délais respectables. Il me faudrait recruter encore au moins cinq ou six brodeuses mais c’est malheureusement un métier qui se perd.

Selon vous quel est le secret pour réussir dans la mode ?

Aimer ce que l’on fait, être passionnée sinon cela ne sert à rien. Quand je suis à l’atelier je ne vois pas le temps passer, j’y passe des heures et des heures avec un énorme plaisir. C’est d’ailleurs ce que commence à me reprocher mes proches.

Vous avez été invitée dernièrement à montrer votre dernière collection à « Dar El Marsa » et où votre défilé eut un grand succès. Quels éléments ont inspirés cette nouvelle collection ?

Woodstock – Hippie Chic. Le thème avait été choisi par « Mood Talent », qui avait sélectionné six créatrices. C’était un thème qui me correspondait tout à fait. J’étais vraiment très flattée qu’on m’ait choisie. J’ai presque tout fait moi-même les halter et débardeurs en tie and die avec des peintures spécial tissu, les franges … Les broderies étaient dans le thème (Ying Yang, peace and Love…).

Quel est le meilleur conseil mode qu’on ait pu vous donner ?

D’être soi même, d’être bien dans ses vêtements. Quand une femme se sent bien dans ses vêtements elle se sent bien tout court.

Quelle personnalité représente une référence mode selon vous aujourd’hui ?

Je pense à Jane Birkin qui n’hésitait pas à porter les jeans de Serge Gainsbourg, pour moi elle a été précurseur en matière de jeans over size. Je pense aussi à des femmes indépendantes comme Emma Watson, mais aussi à Kate Moss et Gigi Hadid pour leurs différentes façons de porter les denims.

Que conseilleriez-vous à une femme pour trouver son propre style mode ?

De porter des vêtements qui lui correspondent, et dans lesquels elle se sent bien, et non pour faire comme tout le monde.

Êtes-vous une accro du shopping ?

Je suis plutôt une acheteuse compulsive pas du style à trainer dans les boutiques mais quand j’y vais-je dépense !

A quel vêtement pourriez-vous être accro ?

Le jeans, et le tee shirt… bien sur !!

Quels sont vos prochains projets ?

Développer la marque miss Anais à l’international !

Entretien conduit par Nadia Ayadi

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