Madame M, superbement représentée par Jalila Baccar. Une veuve qui vit en fusion avec ses cinq enfants et qui semble être une bonne mère autour de ses enfants. Ils paraissent aimants et soumis. L’histoire tourne autour de cette étrange famille et Hajer une journaliste, célibataire qui semble être indépendante et ambitieuse. Un article de presse aura pour conséquence un terrible drame.

Une pièce ample et d’une exigence vertigineuse. Les comédiens volubiles en font la profondeur, mais aussi la drôlerie. Le texte va du général au particulier ne faisant l’économie d’aucune récrimination ou considération.
La preuve d’une étonnante densité faisant naitre de saisissants moments d’intériorité et d’émotion.
Comme si Essia Jaibi loin des frivolités s’était attaché à rendre la pièce plus austère et plus élégante. le décor nu et rempli à la fois, évoque, en miroir, l’intérieur de l’histoire de Madame M.

Sur scène, un groupe de six comédiens endossent les rôles de personnages aux forts accents parodiques, avec pour souci d’imposer la réalité du présent. Ce présent s’attache à créer différentes passerelles entre les acteurs et le public, Comme pour stimuler la pensée des spectateurs pour établir un dialogue avec eux.

La pièce a du style avec cet humour qui s’insère dans tous les domaines, jusqu’à la tragédie : Des tables et des chaises qui se déplacent et se transforment à grande vitesse avec un jeu des comédiens qui passe aussi par la transformation et fonctionne sur la rapidité et la nervosité de l’interprétation.
Mine d’or d’inventivité, de générosité et d’humour. Un éloge du courage et de la rébellion qu’il est bon d’aller voir en ces temps de lutte matérielle et spirituelle. À ne pas manquer !

Nadia Ayadi

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