Aimer quelqu’un peut rendre malade, mais peut-on aimer et rester avec quelqu’un qui est malade ? Est-il possible d’aimer en toutes circonstances, malgré nos anciennes promesses où nous étions si bien portants ? Épauler dans la santé comme dans la maladie… Nizar y croyait, il a déchanté. Sa femme, qu’il croyait compagne solide, l’a quitté alors qu’il se battait contre la maladie.

Il s’appelle Nizar Essid, à peine 37 ans, se confie le cœur brisé « En mai 2013, j’ai eu une insuffisance rénale grave. Le diagnostic tombe comme un couperet. Pour ma survie, une dialyse est plus que nécessaire.
Un changement brutal de personnalité est brusquement apparu chez ma femme. Premier symptôme: le désintérêt et l’indifférence. En brave petit soldat, je l’ai écarté de ma dialyse. Je voulais la protéger.
Hélas, la situation dégénère. La femme avec qui je pouvais traverser la tempête s’est transformé en paroles violentes, ne supportant rien et m’humiliant devant ma fille.

Je perdais pied et pensais même au pire. Je pensais qu’être deux dans la vie ça servait aussi s’aimer au meilleur comme au pire . Si on ne peut pas tenir de coups durs après un attachement indéfectible, c’est si dur. Quatre mois plus tard ma femme demanda le divorce. Elle avait pris comme justif mon incapacité physique. J’ai eu l’impression d’être une sorte d’homme diminué qui ne parvenait plus à plaire à sa propre femme. Le cœur meurtri, nous avons divorcé. Elle est partie avec notre fille. Elle ne reviendra plus. Un séisme m’avait ébranlé. J’étais cassé, scié à la base.

Ma nouvelle vie gravite désormais autour de trois séances de dialyse par semaine. La justice accorda une pension alimentaire qui augmente tous les deux ans. Je ne suis pas riche et la pension a été fixée à 220 dinars par mois. Aujourd’hui, une nouvelle augmentation est exigée sans que je puisse voir ma fille. Les seules heures où je ne suis pas en dialyse, je les passe à travailler malgré ma faiblesse pour pouvoir honorer la pension. C’est dur d’être papa sans l’être, jeune et malade. Il m’arrive de ne pouvoir payer le montant de la pension et ce n’est pas difficile de deviner pourquoi. A plusieurs reprises, j’ai été arrêté et condamné pour défaut de payement.

Je suis souvent entre l’enclume et le marteau pour faire un choix de condamné. Choisir entre prison et médicament. Je suis fatigué, usé…Je ne fais ni l’aumône ni cherche à avoir une aide financière. Je demande que justice soit faite et au moins d’avoir le légitime droit de voir ma fille. Elle a aujourd’hui sept ans et privée de son papa malade. Je n’arrive pas à comprendre que le juge des affaires familiales n’ait pu autoriser le droit de visite à un père en détresse. Je n’ai pas revu ma fille depuis plus de trois ans. Imaginez une seconde mon calvaire avec comme compagnon une hypertension, une hypercalcémie et une parathyroïde que je n’ai pu traiter pour non payement de la CNAM. A travers votre média, je voudrais transmettre ma voix, un appel au secours… Une bouteille que je jette à la mer.. »

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