Par Fériel Berraies thérapeute

Malgré moi je suis devenue une spécialiste des sujets relatifs à l’affect, car dans mon cabinet ; autour de moi et pour avoir vécu les affres de l’affect, je sais combien un être humain peut être déstabilisé quand il a un trop plein émotionnel ou qu’il subit une rupture émotionnelle.

L’ironie vient du fait que l’amour est autant la maladie que le médicament

J’ai beaucoup écrit sur la carence affective, l’hyper sensibilité, la dépendance affective, le syndrome du cœur brisé, sur comment y faire face et comment apprendre à gérer ses émotions avec plus de tempérance et de distanciation. Que l’on soit face à un deuil affectif comme la mort d’un être aimé, ou simplement se faire quitter (séparation, divorce etc.) je tiens à dire en toute modestie, que c’est une épreuve très douloureuse, qu’elle terrasse, qu’elle fait perdre tous nos repères. Et que malheureusement, il n’y a aucun antidote ou médicament ou thérapie qui puisse réellement nous préserver de l’atroce douleur que cela peut provoquer en nous.
Mon sujet sur l’Amour le plus puissant des médicaments qui a été très partagé (plus de 7500 fois) prend encore toute son ampleur et je tiens d’ailleurs à remercier mes lecteurs dans le Monde, pour leur fidélité.
L’Amour un cadeau merveilleux mais le risque zéro n’existe pas !
C’est la règle du jeu, beaucoup se préservent et ne veulent pas succomber à Cupidon de peur de souffrir, mais que serions-nous sans amour ?

Si l’on part du principe que le zéro risque n’existe pas dans les sentiments, comment pour autant affronter la probabilité de tomber en désamour un jour ou pire, de subir le désamour de l’autre ?
Il s’agit d’un véritable « péril amoureux » comme le cite la psychanalyste Catherine Audibert dans son ouvrage (Surmonter un chagrin d’amour et en sortir grandi)
Ou comment tirer un apprentissage de cette souffrance pour pouvoir ensuite tourner la page.
Sauf que quand on est dedans on n’est pas dans l’intellect le rationnel, on est plus dans l’absurde, dans l’affect, dans le primaire : le cœur.

La réaction est avant tout épidermique, on la sent profondément et dans nos tripes !

C’est par pour rien que l’on dit « j’ai l’estomac en court bouillon ». Comment alors se remettre d’une rupture sans trop laisser de plumes ? Pourquoi notre être tout entier crève littéralement de souffrance, et que pour certains la douleur est si sourde et profonde que les tripes en prennent un coup ? Sommes-nous capables de limiter les dommages collatéraux, ou du moins s’en sortir plus rapidement.

Une politique des étapes à respecter

Quand la rupture affective survient, il s’agit avant tout d’une irruption violente dans le cœur mais aussi la psyché, vécue comme un véritable deuil.
La maladie d’amour on l’a beaucoup chantée et elle est douloureuse parfois elle marque à vie et pire peut créer une mort psychique que physique dans des cas extrêmes ( cancer suite à un choc émotionnel, ou cardiomyopathie le syndrome du cœur brisé) deux sujets que j’ai déjà abordé sur plusieurs médias entre la France et la Tunisie.

Respectez les étapes de votre deuil amoureux

C’est un processus plus ou moins long qui se décompose en deux étapes. Tout d’abord, il faut parler, mettre des mots sur sa peine et ne surtout pas chercher à la fuir.
Pas de déni, pas de fuite en avant, pas d’anesthésie ( drogue, alcool, ou sexe pour le sexe) au contraire ce serait une catastrophe et l’effet boomerang n’en serait qu’amplifié.

Attention aux relations de « remplacement »

Beaucoup d’entre vous, rentrent dans des relations « toxiques » ou de remplacement pour oublier ou cautériser les plaies, et c’est justement ce qu’il ne faut pas faire, vous faites du mal à la prochaine ou au prochain mais aussi à vous. Quand on a aimé sincèrement, il faut se donner le temps de digérer et de laisser partir, et se respecter soi et son corps et son cœur avant tout.

Mettez en mots votre chagrin

Pour comprendre et intégrer la manière dont votre histoire d’amour été vécue et aux motifs de la rupture. La parole va permettre à la psyché de « digérer» la peine. C’est-à-dire que la douleur va se désactiver au fur et à mesure que l’on trouve un sens à ce qui s’est passé.

A quoi sert le chagrin d’amour du coup ?

A nous donner des leçons de vie, oui cela fait très mal, on pourrait s’en passer mais cela nous fait aussi murir, grandir, évoluer !
Tant que l’on n’a pas compris ce qui se jouait et pourquoi on en est arrivé à être malheureux, l’histoire se répètera à l’infini, quelque soit le partenaire. Il faut donc comprendre le schéma, le scénario et ensuite accepter sa peine.

Retrouver la capacité d’aimer

Une fois son deuil fait, le ménage dans nos pensées toxiques, retrouver la sérénité. La capacité d’aimer revient, débarrassée des problèmes antérieurs.
Si votre peine n’est toujours pas digérée, elle revient en boomerang attention !
Quand la souffrance est grande, le processus peut être plus long, malheureusement, tant que la peine n’est pas métabolisée, digérée, elle revient comme un boomerang. S’en sortir, faire son deuil, on entend cela à tout bout de champs, mais ce n’est pas si simple. Tout dépend de la résilience, de la personnalité de chacun. Il faut se donner le temps.

Le chagrin d’amour est une forme de deuil, ce n’est pas la perte d’une personne que l’on pleure, mais la perte de son amour. Ce n’est pas le même travail psychique. La rupture amoureuse nous confronte à notre jalousie et à notre chagrin parce que la personne continue à vivre, mais sans nous.

Faire son travail psychique

Le «deuil» de l’amour perdu doit être réalisé. Il faut apprendre à modérer son affect, si possible, rester dans la distanciation si possible, même si c’est pas dans votre tempérament. Mais il est crucial, désormais d’être plus armé pour faire face aux nouvelles expériences amoureuses sans être méfiant pour autant. Ce qui veut dire que ce n’est pas parce qu’on a souffert une fois que l’on est condamné à souffrir.
Tirez un sens à ce qui a fait mal
Tant que l’on n’a pas compris pourquoi on en est arrivé à être malheureux, l’histoire se répète à l’infini.

Rupture brutale ou préparée

Quand la rupture est brutale, il s’agit d’un véritable trauma, et là toute une panoplie de réactions psychiques :sidération et une difficulté à réagir, comme s’il y avait une hémorragie interne. Il faut déjà s’occuper du traumatisme, avant la charge proprement dite du chagrin d’amour. Ce sont deux étapes différentes. On peut s’en remettre si les choses ont été élaborées, dites, et que la plaie est refermée.

Toutes les relations amoureuses laissent des traces

En revanche, toute relation amoureuse laisse des traces parce qu’elle nous modifie.
Certaines personnes ont une fragilité psychologique et les aléas de la vie de couple sont susceptibles de servir de déclencheurs. Quand on sent que l’on «déborde», il ne faut surtout pas hésiter à se faire aider par un spécialiste.

Aimer est la chose la plus belle du monde : perdre l’amour après le deuil, est la chose la plus douloureuse dans une VIE : il s’agit d’un véritable deuil : surtout si l’amour fut total absolu et sincère.

F.B
Retrouvez les conseils de Fériel Berraies Thérapeute, chercheur, et journaliste activiste et humaniste.
Sophrologue certifiée RNCP spécialisée en Entreprise
Site: www.feriel-berraies-thérapeute.com
Lui écrire: fbsophro@gmail.com