L’auteur Maher Kamoun nous plonge dans un remarquable récit historique d’ « Abou El Mahassen El Wazir Youssef Sahab Ettabâa » parfaitement écrit avec un incroyable degré de précision des faits.
On se laisse happer par cette lecture dès les premières pages. Elles nous transportent dans le milieu d’une fabuleuse histoire, où se jouent les destins de héros que l’histoire a trop vite oubliés, celle de Sidi Youssef Saheb Ettabaa, un mamelouk d’origine moldave. Il fut capturé très jeune par des corsaires du levant puis vendu au marché des esclaves d’Istambul. Baccar Jellouli, le Caïd de Sfax de l’époque, l’acheta et l’offrit à Sidi hammouda Bache Bey. « Le Jeune mamelouk qui avait une rare intelligence, fut par la suite remarqué par le souverain, qui le nomma garde des sceaux alors qu’il avait à peine vingt ans.

Il lui attribua ensuite le titre de surintendant fiscal. C’est alors qu’il commença une grande réforme qui ne tarda pas à avoir d’excellentes répercussions sur l’activité économique de la régence. Nommé ensuite à la tête d’une ambassade auprès du Sultan Ottoman, il réussit à merveille sa mission en gagnant la confiance absolue du Sultan. Il constitua alors un puissant lobby politique et sa puissance était telle que rien ne pouvait être entrepris sans son aval. Tro beau pour être vrai, la mort subite de bien aimé Sidi hammouda Bacha Bey suivi de l’assassinat de son successeur Sidi Othman Bey, placèrent Youssef Saheb Ettabâa face à ses ennemis qui ne dardèrent à l’assassiner froidement.
Très mal gouvernée après ses heures de gloire économique sous le règne d’illustres souverains hafsides ou encore sous celui des illustres beys husseinites, le pays fut abandonné à un groupuscule de mammelouks incompétents.

Et dire que j’avais mis beaucoup de temps avant de lire ce dernier cru de Maher Kamoun. Et puis j’ai fini par prendre le temps de le lire… Enfin puis-je vraiment dire prendre le temps car je l’ai dévoré avec cette hâte de tourner la page pour savoir ce que cette belle histoire allait pouvoir encore réserver aux lecteurs… Pourtant les romans historiques ne sont pas vraiment ma tasse de thé. Mais là… dès les premières pages, l’écriture aérienne de l’auteur a su me faire voyager dans le temps. Un livre que l’on peut refermer les larmes aux yeux.

Nadia Ayadi

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