Le public du festival de la Médina a vécu une soirée mémorable lors du concert de Leila Hjaiej le 26 mai dernier. Le temps pluvieux n’avait pas découragé le public venu nombreux applaudir la diva et les retardataires n’avaient même plus trouvé de billet au guichet.

Bien qu’elle ait parcouru la plupart des genres de la musique arabe avec les plus grands musiciens tels que Anwar Brahem, feu Ali Sriti, Zied Gharsa, Lotfi Bouchnak et bien d’autres, Leila Hejaiej vit toujours avec ce désir ardent de se renouveler par la création. La même mais toujours différente cette dame à la voix chaude et puissante rêvait malgré tout d’autre chose. Mais, elle caressait un rêve. Et ce fut pour elle un défi.

Elle eut des contacts avec Lotfi Bouchnak, puis des longues périodes de discussions pour réaliser son grand rêve. Bouchnak comprit vite que l’artiste était bien capable de cette grande ambition. Un autre grand consolida le duo. Il s’agit du poète national Adam Fathi. Enfin comme une belle cerise sur un gâteau musical, l’œuvre tant rêvée de Leila Hjaiej devint réalité. Un nouveau projet est né ! Et pour enfin le mettre en œuvre, une « Wasla » complète a été réalisé dans un CD. Leila Hjaiej affirme qu’il s’agit d’ un Samai, Mouwashahet, Mawel, Dawr et Taktouta dans le mode Bayati ».


De nos jours, avait confié ce soir là un mélomane autant surpris qu’admiratif, que c’est en effet très rare qu’on puisse penser à écrire, à composer et à chanter un « Muwachah » ou un « Dawr ». Aujourd’hui, la chanson ne passe pas les trois ou quatre minutes. »

Leila Hjaiej avait excellé dans cette wasla. Elle était dans son élément chantant avec aisance devant le regard fier d’Adem Fethi et Lotfi Bouchnak présents. En effet les muwashahets. « Al Kamen » et Al Mahboub : 11mn, le « Mawel et Dawr intitulé Sahhi el Amal : 9mn, a été joliment maitrisés par la diva. Un autre mélomane averti avait affirmé que « seuls Adem Fethi, Lotfi Bouchnak et Leila Hejaiej ont été capables de relever ce défi. ».

Un autre atout lors de cette exquise soirée au parfum fleuri qui ornait joliment le long de la scène, l’orchestre imposant et fort de des meilleurs instrumentistes et choristes conduits par le chef d’orchestre Abdelbasset Metsahel. Ce dernier avait également présenté son délicieux dernier cru musical intitulé « Dhia ». Il avait bien brillé dans cette obscure clarté devant des spectateurs subjugués. Et il y avait de quoi ! Il venait de remporter le premier prix de la compétition arabe de musique et de chant.

Un dimanche soir où la fête était double pour rendre Hommage à nos mères. Leila Hjaiej, subliment vêtue en noir avec des touches de rouge, un buste doré tel un V de la victoire majestueux signé Fatma, n’avait pas du tout omis de chanter les mamans à travers Mohamed Abdelwaheb « Sit El Habayeb ». D’autres chansons du répertoire de l’artiste ont été interprétées ainsi que des reprises de « Roubayet el Khayem », « Rahet Layali » pour conclure par les incontournables Ali Riahi et Hédi Jouini. Un spectacle exceptionnel qui marquera sans aucun doute les anales du festival de la Médina.

Crédit photo : Saber Chtourou

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