Par Feriel Berraies

Avez-vous déjà entendu parler du burn out ? Un épuisement professionnel qui est surtout connu sous l’appellation anglaise burnout. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), il se caractérise par « un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail ». Le terme burnout a été utilisé pour la première fois en 1969. Il s’agit d’un état d’épuisement émotionnel, physique et mental. Il est le plus souvent lié à une dégradation du rapport d’une personne à son travail.

Initialement, le burn out a été observé chez les soignants. Aujourd’hui, le burn out peut concerner tous les métiers qui demandent un engagement professionnel intense. Il frappe autant les femmes que les hommes. Pour en savoir plus, Fériel Berraies Sophrologue spécialisée en Entreprise, nous éclaire sur un combat qu’elle mène en France et en Tunisie.

L’OMS a finalement reconnu les méfaits du Burnout en les rangeant dans la catégorie des maladies officiellement reconnues alors que bon nombre de pays continuent de rejeter cette réalité dans le monde de l’Entreprise. C’est d’ailleurs un des combats que je mène en France et en Tunisie depuis des années, suite à ma spécialisation sur les troubles de l’Entreprise dans le domaine de la Sophrologie.
J’ai décidé aujourd’hui de parler d’un autre Burnout celui du soignant ou du thérapeute. L’Accompagnement thérapeutique est une vocation et pour certain d’entre nous la trop grande empathie et le don de soi peuvent conduire à des dérives.

On parle souvent du burnout au travail, du burnout maternel, des effets toxiques de la surenchère professionnelle dans le milieu du travail, mais l’on n’évoque moins le burnout du thérapeute.
Pourtant c’est une réalité dans nos métiers, que ce soit l’allopathique le paramédical ou les médecines douces nous ne sommes pas à l’abri des dangers des conséquences de la surenchère professionnelle dans ces secteurs. Tout bon thérapeute doit connaitre ses limites.

Comprendre le Burnout

En 1980, un psychanalyste américain, Herbert J. Freudenberger, sortait un livre sur un phénomène d’épuisement professionnel qu’il nomma burn-out. Ceci en référence à un « incendie intérieur » : comme pour un immeuble dans lequel le feu aurait pris. Il peut laisser les gens vidés intérieurement mais d’apparence intacts…
Les victimes de cette maladie professionnelle finissaient par s’épuiser mentalement et physiquement en essayant d’atteindre des objectifs irréalisables ou d’accomplir des tâches insurmontables.

Un processus évolutif qu’il faut savoir détecter en nous

Le burn out est une réalité sanitaire et aujourd’hui que l’OMS vient de le ranger dans les maladies professionnelles, il faut savoir se fixer des limites en toute raison. A défaut, reconnaître les signaux d’alerte d’un malaise à venir.

Un épuisement sur le long terme.

Le Burnout peut surprendre le thérapeute, car même s’il semble survenir tout d’un coup, il est le résultat d’un processus lent, d’une tension continue durant de longs mois ou années jusqu’à l’épuisement. Personne n’est à l’abri de ce syndrome car dans le monde actuel, la pression est de plus en plus forte, les exigences de plus en plus poussées et le risque de se retrouver sans travail bien réel.

Votre pire ennemi en « s’oublier pour les autres »

Certaines personnalités plus que d’autres brulent leur batterie : une plus forte propension à l’anxiété ; une conscience professionnelle trop poussée ; le perfectionnisme ; le désir de plaire ; l’incapacité à déléguer… Certaines professions du milieu médical, de l’enseignement ou du social entre-autres, semblent plus exposées.

Reconnaitre les symptômes

Ils sont nombreux mais le plus récurrent est la fatigue continue, accompagnée d’épuisement mental, de déprime, de démotivation… Une baisse de l’estime de soi, un sentiment d’incompétence… mais aussi l’irritabilité.
Les conséquences psychosomatiques ne sont pas anodines, attention à la perte d’appétit, aux vertiges, aux maux de tête, de dos… et les arrêts de travail se multiplier. Et in fine c’est la dépression qui guette…

Reconnaître les signes du burn-out

Irritabilité, isolement, envie de rien… sont les signes du burn-out. Une thérapie peut être d’un secours précieux. La guérison passe par un retour sur soi, afin d’évaluer ses aspirations professionnelles profondes et ses limites. Apprendre à respecter son corps et son cœur est primordial. Reconnaitre ses limites en toute bienveillance.

L’humanisme et la bienveillance sont la clé de notre métier, mais certains d »entre nous culpabilisons de ne pas pouvoir accompagner assez ou aider, au détriment du bien être et de la santé. La réalité objective de nos métiers doit nous imposer de se donner des limites et savoir dire stop ou non sans culpabiliser. A la longue cela devient une question de survie dans le métier. Car nous absorbons énormément de souffrances et certaines personnalités hypersensibles sont de véritables éponges émotionnelles et bien que de trés bons thérapeutes, cela devient toxique.
Il faut se donner des garde-fous et savoir quand les voyants rouges commencent à clignoter.

Apprenez que le travail tue et revenez à vous d’abord

Un bon thérapeute doit se reposer, connaitre ses limites et savoir stop et non quand il n’en peut plus, même si cela signifie une baisse drastique de son chiffre d’affaires. Il est crucial de rétablir un équilibre physique et mental intact, en composant entre travail et vie privée, afin de retrouver la joie de vivre… et d’aller accompagner en bonne santé !

*Fériel Berraies sera en Tunisie en juillet et août et fera des Ateliers Sophrologie et Entreprise dans le cadre de son partenariat avec l’IIFE en Tunisie. Elle sera entre Hammamet et Tabarka

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