Fatma Bouvet De La Maisonneuve, la célèbre psychiatre et écrivain en France, se souvient de l’Aïd. Elle confie nostalgique : « Quelques jours avant l’Aïd, on faisait les achats pour préparer les gâteaux. (on achetait aussi les nouveaux vêtements et les-Nouvelles-chaussures-qui-font-mal-aux-pieds).

La veille on faisait moudre les amandes, noisettes et quand il y avait un peu plus d’argent, on rajoutait des pistaches. Ma grand-mère préparait la pâte de la « Baklawa ». Il y avait toujours quelqu’une pour l’aider qui était plus adroite que ses petits enfants qui lui tournaient autour plus qu’ils ne l’aidaient. Dans l’après midi, on réservait l’heure pour la cuisson de la « synya » ce vaste plateau chez le boulanger parce que tout le quartier faisait cuire son plateau de « Baklawa » chez lui. Et puis tout l’après midi du dernier jour de ramadan, on faisait la « Baklawa ». Il fallait que la pâte soit très fine et à chaque fois qu’elle se déchirait on était triste pour ma grand mère qui y mettait toute sa délicatesse pour que les couches de pâtes soit homogènes et assez fines.

A l’époque, la finesse de la pâte à « Baklawa » faite maison, était proportionnelle à l’élégance de la famille.
Plusieurs couches de pâtes en bas, les fruits secs, puis plusieurs couches de pâtes fines et encore des fruits secs et encore des couches de pâtes…. Le plus difficile est de couper en losanges réguliers. Il fallait à peine poser la main pour ne pas déformer le losange. Si on appuie trop fort avec le doigt pour tenir le morceau fixe on laissait des traces. Tout un art !

Après la rupture du jeûne, on emmenait la « synya » chez le boulanger. Il y avait la queue et c’était déjà la fête ! Même si la queue était longue, on papotait. Ma grand-mère préparait le sirop de sucre en attendant le retour du fameux plateau tout chaud. Elle répétait « j’espère qu’il ne va pas me la brûler… j’espère qu’il ne va pas me la brûler ». Elle est à la porte dès qu’on ramenait le plateau. Bon, elle avait toujours quelque chose à dire sur la cuisson jamais à son goût. Elle répandait alors le sirop sur la « Baklawa ». Moi, j’aimais ces baklawa croustillantes mais le sirop et je piquais avant quelques losanges. On s’installait ensuite tout autour du grand plat et on enlevait délicatement, avec des couteaux appropriés, les losanges pour les mettre dans les petits supports de gâteaux en papier. On préparait les plateaux avec les autres gâteaux pour les visiteurs du premier jour de l’Aïd.

Il faut reconnaître qu’on se remplissait la panse des bords du plat qu’on ne pouvait pas couper et qui était farcis de fruits secs, comme les bords de la pizza où il y avait beaucoup de pâte et peu de sauce. Ma grand mère était contente de voir que ses petits enfants appréciaient. C’était je crois essentiel pour elle… »

Bonne fête à tous!

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