Jihène M’barek est une femme passionnée par les métiers qui souvent sont l’apanage des hommes. Enseignante d’art, rien ne la décourage lorsqu’elle ne trouve pas le meuble qu’elle imagine, la peinture qui ne lui sied pas ou encore le bijoux exceptionnel qu’elle recherche. Elle peut très bien se transformer en ouvrier, peintre, forgeron, menuisier et même en soudeur. Aujourd’hui, l’art du filigrane devient sa passion. Sur une plaque de métal laissant des espaces vides, apparaît un effet de broderie avec une maîtrise d’exception.

De ses mains frêles et puissantes à la fois, Jihene M’bark manie délicatement des fils de métal. Elle en tisse des bijoux délicats, perpétuant ainsi cet art d’origine arabe.

A partir de brins d’une extrême finesse, l’artisane crée des bijoux de dentelle métallique. Lorsqu’elle se trouve dans son atelier au cœur de sa maison, on se rend compte du travail que cela représente et cette valeur ajoutée dont elle en est le maître.


Le temps, la fragilité est alors entre ses mains, la patience qu’elle doit y mettre. « si un orfèvre n’est pas patient, cela ne marchera pas » confie Jihène.

Pour en savoir plus sur cet art encore pas très propagée chez les artisanes femmes, Jihène nous affirme que ces femmes existent mais elles sont dans les coulisses. « l’Art de Filigrane est né à l’époque romaine et a été transmis par des générations de bijoutiers médiévaux habiles, imitant souvent le travail des orfèvres byzantins de Constantinople.

Le filigrane est la technique la plus délicate utilisée pour travailler les métaux. Il s’agit d’une expression détaillée dans laquelle des artisans qualifiés soudent minutieusement de minuscules fils torsadés pour créer des motifs artistiques. ». Les motifs de jihène sont saisissants et suggèrent souvent un motif de dentelle complexe et exquis. Les éléments en fil fin sont soudés ensemble pour créer des bracelets, bagues et colliers.

La création d’un bijou en filigrane prend entre une demi-journée et deux semaines, selon la taille et la complexité du design, précise Jihène, qui travaille depuis l’aube jusqu’au soir un bracelet en cuivre qu’elle espère terminer le lendemain.

Elle a d’abord défini le style, calculé le poids de l’objet, choisi le métal, qu’elle a ensuite fondu. Les fils sont créés lorsque le cuivre passe de l’état solide à liquide. La pièce prend alors forme.
Dans son atelier, les coups de marteau se mêlent au bruit des soudures, tandis que perce sur les hauteurs, le murmure du Lac de Tunis.