Par Kamel Cherif

Une semaine après le premier tour des élections présidentielles, c’est toujours le flou le plus total et on est dans l’incertitude et l’expectative concernant l’issue du 2eme tour.
Il faut d’abord attendre le résultat des recours déposés par six candidats auprès du tribunal administratif qui se prononcera le 23 septembre 2019 et attendre également la décision de la justice concernant le sort du candidat arrivé deuxième.

Ainsi on sera fixé sur la suite à donner à ce dossier complexe teinté d’une atmosphère de grisaille politique et qui comporte une controverse juridique.
C’est cela la démocratie, elle a aussi des risques qu’il faut accepter. Le verdict implacable des urnes qui a amené aux portes de Carthage les deux finalistes que peu de gens rodés à la politique ont vu venir, a créé une situation complexe avec un imbroglio juridique inédit qu’il faut régler impérativement. Une illustre femme de lettres à la plume d’or, Helè Bèji, qui vient de publier sur les réseaux sociaux un point de vue percutant et pertinent qu’elle a intitulé  » la dictature démocratique » a écrit il ya quelques années, que la démocratie a quelque chose d’impitoyable et laisse comme un goût d’ingratitude. Seulement l’électeur a toujours raison et rien n’échappe à sa sentence.
Il faut toutefois reconnaître que dans ce monde agité, la démocratie semble être en perte de vitesse avec l’entrée en force de ce qu’on appelle les anti- systèmes et le retour du populisme qui se propage, un populisme qui incarne l’angoisse démocratique et qui ne peut être que le reflet d’une crise démocratique.
Selon Jacques Attali, le conseiller spécial du président français François Mitterrand, même des élections libres si elles ne sont pas accompagnées de la mise en place d’institutions stables, elles peuvent faire reculer la démocratie.

Il y a effectivement un retour autoritaire de la démocratie. Il suffit de voir ce qui se passe dans le monde ( Égypte, Libye, Espagne, Brésil, Grande Bretagne. Hong Kong) pour étayer cette constatation.
C’est par conséquent une semaine décisive qui commence en Tunisie et les appels pour offrir aux deux outsiders les mêmes conditions pour leur campagne électorale se multiplient.

Il faut avancer d’abord avec ce décisif deuxième tour dont le processus est dans une position d’attente d’une solution à ce cas unique, une solution qui peine à voir le jour.
Il faut également se préparer sereinement aux législatives, une planche de salut pour les perdants au premier tour et particulièrement les démocrates véritables, qui doivent mettre leurs égos de côté, se ressaisir et abandonner leur position individualiste.

Les législatives ont une vérité inconnue car de leur résultat va se dessiner l’avenir de la Tunisie et du Tunisien perplexe et dérouté et qui ressent une réelle amertume.
Assistons nous à un sérieux virage de la démocratie ? Ce qui est sûr c’est que la fragilité du système démocratique peut entraîner de sérieuses conséquences.

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