« La meilleure banque, c’est la terre, tu y place tes graines, elle les fait fructifier gratuitement », c’est ce que nous confie souvent Amor Mtimet cet ingénieur national, pédologue et surtout l’un des rares fins spécialistes des sciences du sol. L’un de ses ouvrages « Les sols tunisiens à l’épreuve de la durabilité : de la gestion à la gouvernance » sont de véritables leçons de vie tirées de plus de 40 ans d’expériences des sciences de la vie et de la terre.

Comment Amor Mtimet ne peut-il être présent par conséquent à chaque événement, ou journée scientifique en faveur de la préservation des sols? Effectivement, il n’est pas passé inaperçu lors de la 6èmejournée scientifique internationale ESA Mograne qui vient d’être clôturée.

Comment ne pas prendre le temps de questionner le développement durable ? Les choses ont du mal à évoluer. Peut-on imaginer une éducation au développement durable sans un questionnement non dogmatique de ce concept ? « D’autant que l’anthropisation des écosystèmes a entraîné de multiples dysfonctionnements qui font peser de graves menaces sur les générations actuelles et à venir. »

Dans sa vie Amor Mtimet a toujours été un homme de parole mais surtout d’action dans l’urgence. Cependant, les décisions à prendre de toute urgence sont freinées par le l’immobilisme de certains discours. ».
Lors de la journée scientifique « pour une agriculture respectueuse des équilibres écologiques et du développement durable. », nous avons contacté cet ingénieur passionné pour en savoir plus, sur l’événement et en quoi consistait cette fois ci sa communication. Il s’agit de savoir comment « Gérer le sol pour contrer les effets négatifs de la dégradation et du climat. Qui se soucie du sol vivant, ce grand malade des écosystèmes ?

Pour répondre à la demande alimentaire mondiale, 6M ha de terres agricoles supplémentaires seront nécessaires chaque année, estime Amor Mtimet. Au lieu de cela, 12 M ha par an sont perdus par la dégradation. En Afrique, 73 % du total des terres arides sont modérément ou gravement touchés par la désertification. La Tunisie n’y échappe pas.
La promotion des services éco systémiques rendus par le potentiel actuel des terres agricoles en Tunisie évalué à 10,2 millions d’ha et leur biodiversité ressortent comme une nécessité. A cet effet un plan d’action permet de ressortir les priorités comme l’augmentation de la productivité des terres; et des parcours.

Une amélioration de 2,2 millions ha et une bonification des terres marginales (encroûtées, salées, évaluées à 1 million ha de tout le territoire…). Cette journée scientifique s’est terminée par des questions telles que comment peut-on améliorer leurs performances ? Quels sont les mécanismes et les outils qui permettent d’asseoir une démarche de concrétisation d’action pour permettre un développement agro-écologique durable dans un environnement de changement climatique ? Comment soutenir la vulgarisation de l’information qui permet la valorisation des résultats de la recherche scientifique tout en renforçant l’action de la société civile ?

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« Sans une politique incitant les professionnels agricoles, les communautés rurales à s’impliquer dans les programmes, actions de développement et de lutte contre la surexploitation, en particulier des ressources en sols, rien ne pourrait être durable dans la gestion des ressources naturelles » avait conclu Amor Mtimet.

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