Girl of the Moon est un drame social où il est question du syndrome X.P. (Xeroderma Pigmentosum), une maladie rare dont le grand public a sans doute entendu parler sous le nom « Les Enfants de la Lune ». Une maladie qui se caractérise par une très forte sensibilité aux U.V, donc à la lumière du soleil. Ces enfants (dont l’espérance de vie ne dépasse pas les vingt cinq ans), à vivre exclusivement la nuit ou le jour sous une combinaison spécialement conçue. Alors que nous avions toutes les raisons de nous attendre à un drame pathos et larmoyant sur cette terrible maladie, la réalisatrice a privilégié tout autre chose. Elle s’est focalisé sur la formidable amitié qui se tisse entre Lamia et sa toute jeune amie atteinte également de X.¨P et la philosophie plus ou moins optimiste des jeunes malades.

Le film nous permet d’en savoir plus sur cette maladie peu connue du grand public, Lamia Hakim qui nous fait pleurer à chaudes larmes lorsqu’elle nous confie avec le sourire qu’elle rêve d’une autre vie où elle entendra un jour ses enfants l’appeler maman… mais Hiba est réaliste, elle se réveille vite avec le sourire car elle a choisi de se battre, que chaque jour gagné est une victoire… car consciente que l’espérance de vie des enfants de la lune est de 25 ans… qu’elle est dans la limite.

Lamia Hakim est plus que parfaite dans son rôle principal. Elle est vraie, touchante, humaine et si belle à la fois.
Le sujet traité est intéressant et juste. Il s’agit d’abord de découvrir cette affreuse maladie qui interdit aux enfants atteints de s’exposer aux UV sous peine de mourir de cancers de la peau.

En Tunisie, 1000 enfants sont atteints de Xeroderma Pigmentosum, soit le taux le plus élevé au monde, contre 70 enfants en France et 300 aux États-Unis. Cette maladie génétique rare les oblige à se protéger totalement du soleil et de tout rayon ultra-violet, leur interdisant la lumière a tout prix sans être totalement couverts, sous peine d’entraîner des brûlures et des lésions cancéreuses. (4000 fois plus de risque de cancer de la peau).

La projection du film Girl of the Moon, qui avait obtenu le Prix du Meilleur Documentaire lors de la dernière édition du Festival du film tunisien, avait drainé beaucoup de monde en cette après-midi du 26 novembre. L’Institut Français de Tunisie où se passait la projection, était ému jusqu’aux larmes en suivant le film.

Ce film documentaire avait déjà obtenu deux autres récompenses en 2019, au Festival International d’Alexandrie en Egypte, ainsi que le Prix du Credif pour la meilleure réalisatrice cinématographique. Un film poignant qui narre le combat quotidien de trois femmes, Lamia, Aya et Sihem. A travers leurs témoignages on comprends encore mieux le poids que ressentent ,ces filles du regard des autres. Ce qui est touchant, c’est surtout malgré la gravité, elles gardent d’émouvantes et sympathiques notes d’espoir.

Parrainé et soutenu par le groupe international SVR, laboratoire dermatologique, la Fondation Rambourg, Chicken & Egg Pictures et l’Association d’Aide aux Enfants de la Lune qui assiste les enfants de la lune, atteints de Xeroderma Pigmentosum,

Profitant de cette sortie nationale du film, et soucieuse de cette triste réalité, Hiba Dhaouadi souhaite sensibiliser l’opinion publique et le gouvernement sur les conditions de vie de ces enfants pour promouvoir la recherche médicale, leur prise en charge par l’Etat ou encore l’aménagement de structures adaptées.

La productrice de ce film n’est autre que Nada Mezni Hafaiedh qui dans ses différents projets, a toujours chercher à mettre sous les projecteurs la minorité discriminée de notre société. Un film à voir et revoir.

Nadia Ayadi