Par Fériel Berraies thérapeute

Les difficultés d’endormissement font de plus en plus partie de notre quotidien. Enfants, adolescents, adultes ou personnes âgées, nous sommes tous logés à la même enseigne.
Le sommeil est un besoin physiologique qui permet de maintenir l’équilibre physique, psychique et nerveux. Il est régi par notre horloge biologique centrale, réglée sur l’alternance jour/nuit mais aussi influencée par l’activité physique journalière. La qualité de notre sommeil détermine la qualité de nos journées, tous âges confondus.

Troublé, le sommeil peut affecter la croissance de nos enfants, nos fonctions cognitives, notre bonne humeur, la résistance de notre système cardio-vasculaire …Tout notre corps en subit les méfaits. Comment se fait il qu’il soit facilement perturbé ? Dans notre quotidien, plusieurs facteurs peuvent le perturber.
Malbouffe, sédentarité, stress, pensées toxiques, souffrance morale, utilisations de drogues, abus du numérique et manque d’activités physiques ou d’activités stimulantes, déséquilibre hormonal, autant de facteurs qui peuvent prédisposer à une mauvaise qualité du sommeil.

Toutes les tranches d’âges paradoxalement sont concernées, par exemple durant la première enfance, les troubles du sommeil s’expriment par des difficultés à s’endormir, des réveils nocturnes ou des réveils précoces.
Ils se matérialisent généralement chez l’enfant par deux phénomènes : les terreurs nocturnes et les cauchemars. Ils sont principalement la manifestation des angoisses de la journée au travers des rêves. Et nous ne parlons même pas de l’adolescence qui elle aussi doit composer avec des variations de son horloge biologique, puisque 30% des adolescents expriment des difficultés pour s’endormir et 15% seraient réellement insomniaques. Par ailleurs, l’insomnie, serait plus fréquente chez les filles.

Par ailleurs s’agissant des personnes âgées, la sénescence contribue également à réduire la qualité du sommeil et des heures de repos, pour peu que viennent aussi se greffer des soucis comme le syndrome des « jambes sans repos » Avec l’âge le système de réglage de l’horloge biologique s’altère.

La personne âgée a souvent une perception amoindrie de la lumière, due à des troubles de la vision comme la cataracte, 1/3 des personnes âgées de 75 ans ont la cataracte (altération du cristallin) et 85 % des personnes âgées voient ainsi, leur faculté visuelle baisser de 50% soit une personne sur deux.
Des problèmes de santé comme l’hypertension, les apnées du sommeil, le syndrome des jambes sans repos, contribuent au mauvais repos.
Tous ces paramètres font évoluer les cycles du sommeil à leur défaveur .Les temps d’endormissement et de sommeil léger s’allongent (il faut compter 20 à 50 min pour l’endormissement) si l’on considère qu’à 80 ans le temps d’endormissement en moyenne est de 45 min, alors que les temps de récupération physique (sommeil profond) diminuent et que les éveils nocturnes sont plus fréquents ( une à deux heures de réveil en moyenne pour les PA la nuit) on peut comprendre leur fatigue au lever du jour.

Quant aux adultes que nous sommes, le sommeil face à la mauvaise qualité de nos vies modernes, reste aussi un luxe. Oui le sommeil est un bien précieux pour toutes les tranches d’âge vous l’aurez compris et il convient de tenter de comprendre ce qui pourrait l’altérer, pour ensuite tenter autant que possible par des méthodes écologiques, d’en améliorer la qualité. On ne changera jamais un insomniaque avec la médecine douce, mais on peut essayer d’améliorer la qualité de l’endormissement ou l’aider à mieux vivre « ses insomnies ».
Les causes psychiques ont un rôle crucial
Le stress, l’anxiété, les émotions parasites peuvent impacter et causer problèmes d’endormissement ou des réveils nocturnes multiples.
Le sommeil peut être, dans ces cas, un signal qui révèle des difficultés psychologiques. Il est important d’en parler ou de consulter un médecin.
La Sophrologie en tant que thérapie brève comportementale peut aider
La Sophrologie propose un protocole pour lutter contre les troubles du sommeil. C’est un protocole d’amélioration du quotidien, il a pour objectif d’amener le sujet à mieux appréhender son endormissement, à se réapproprier ses rituels du coucher pour se mettre en mode détente.
Les demandes exprimées principalement dans ce public:
Ne plus être fatiguée
Dormir toute la nuit
Se sentir en forme
L’objectif d’accompagnement ici sera ici d’aider le sujet à ne plus redouter la phase de repos et à se mettre en condition.

Des exercices de détente par la respiration, afin d’éliminer les tensions corporelles, on appelle cela les exercices de relaxation dynamique.
Pour cela, il ne faut hésiter à proposer des exercices de relaxation dynamiques à faire durant les insomnies, moment propice au calme et au lâcher prise, afin que l’on ne redoute plus ses « moments de grande solitude » mais qu’au contraire qu’on se les réapproprie ( lire, écouter de la musique douce, faire de la méditation, boire un verre de lait chaud) sont un complément en plus des exercices en Sophrologie. Tout cela, va aider le sujet « à ne pas paniquer » s’il ne dort pas, à calmer afin d’éviter d’enclencher la »machine infernale du non dodo.
Par la suite la suggestion mentale (exercice de sophronisation) permettra de substituer l’angoisse des nuits « blanches » par des exercices qui vont libérer les angoisses et à se détendre.
Ce travail se fera bien sûr en plusieurs étapes, tenant compte de l’état de santé et de l’écologie de la personne que accompagnée, à son rythme.

La Sophrologie ne peut certes pas arrêter le temps ou ses répercussions, vous dire d’arrêter un traitement allopathique etc. vous donner le sommeil idéal, changer votre mode de vie, mais elle reste opérante dans la mesure où elle est là pour améliorer « la qualité de vie » du sujet insomniaque.
Il est important ici, de rester bienveillant avec soi-même, de ne pas trop cogiter, et de se réapproprier l’équilibre corps-esprit par la pratique régulière d’exercices simples et naturels adaptées qui vont vous permettre de vous réapproprier des capacités que vous aviez avant.

Quelques conseils d’hygiène de vie :
Attention aux régimes amaigrissants qui peuvent vous faire perdre vos sels minéraux et altérer la qualité de votre sommeil.
Faites de l’activité physique mais pas tard le soir ( excitation)
Stop aux écrans bleus à partir de 19heures
Pas de sucre ni de boissons excitantes le soir
Adoptez une hygiène avec la méditation ou le zen avant d’aller au lit.
Des plantes en phytothérapie (- camomille, passiflore, Valériane) ou des Fleurs de Bach peuvent vous aider

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