Toujours fidèle à son style «berbère naïf» depuis les années 80, une pénible «traversée» de combat au quotidien décrite dans ses ouvrages a accompagné cette artiste rebelle. Hayet Meddeb-Gasmi puisque c’est d’elle qu’il s’agit, s’est senti indépendante et insoumise aux règles académiques. Comme Beya la Marocaine ou d’autres rares artistes brutalistes, elle s’était mise à remonter le temps de son enfance campagnarde à Béja et des coutumes de son milieu. Une jonction naturelle et culturelle organisera son parcours artistique différent. Elle a même créé sa propre école du «Berbère-naïf» à Béja.


Une fondation qui collectionne plusieurs œuvres. L’artiste a eu plusieurs consécrations telles le prix Zoubeida Bchir .de la nouvelle. décorée dans le monde entier ainsi que des légions d’honneur. Une traversée de plus de 35ans de vie culturelle dans un ouvrage intitulé « Naissance et renaissance ». Une vie en mots et maux mais en couleurs où la vraie vie solitaire en joie et en larme est dévoilée.

Hayet Meddeb Guesmi est parmi les rares artistes qui peint le brut et sa nouvelle expo intitulée Rétrospective 2, voit la naissance de 70 nouvelles berbères. « Nous sommes cinq à peindre du brut dans le monde. » affirme l’artiste.

Les couleurs vives enveloppent les toiles qui se mêlent avec rage, à la révolte et aux défis.
En parallèle de l’exposition, Hayet Meddeb Guesmi expose également ses 4 ouvrages entre autres « Traversée ». Une biographie qui rime avec combats pour la vie et contre la mort. Les soucis de son statut de femme, professeur de français qui a tout délaissé pour se convertir en artiste peintre hante son écriture et ses œuvres. La disparition précoce de son père et de son frère. Son amour et sa fusion avec un époux parti trop vite.

« Ma vie est devenue un enfer sur terre, c’était intenable. Seule l’écriture, la poésie et la peinture m’ont sauvé. Ils sont devenus une véritable échappatoire. « Le temps d’une passion » ma libération poésie illustrée par ma peinture nostalgie, suivie de « Naissance, renaissance ».

Une rétrospective artistique de 35 ans de vie. . Paru En 2019 lors de ma première rétrospective, « La rage d’aimer ». qui relate la vie actuelle socio-économique du pays vu par un œil critique d’une artiste engagée.

Une lutte acharnée contre le cancer, les cinq deuils successifs et une victoire grâce à l’art. « Il m’a sauvé d’une mort certaine. Devant le panorama de ma vie, je suis fière de ma victoire. Pour en savoir plus, ne ratez pas son exposition de livres et de peinture.
L’une des principales contributions de l’art est en effet de confirmer que le livre a ce rôle de médium pour les arts visuels. Une symbiose comme voulue par Hayet Meddeb Guesmi au cœur de la galerie des arts de Ben Arous du 5 au 20 mars 2020.

Nadia Ayadi

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