Confinement oblige, tous les tunisiens sont bloqués chez eux et parmi eux nos artistes qui ne s’empêchent pas de se réaliser comme ils peuvent dans leur enferment et rivalisent même d’imagination pour garder le moral en tentant d’être toujours occupés et créatifs. Ils se confient à Femmes et Réalités.

Meriem Ben Hussein
Je suis une lève tôt. J’ai gardé le même rythme en cette période difficile vécue par tout le monde. Je prends mon petit déjeuner et hop sous la douche.. Je change de tenue quotidiennement pour ne pas rester en pyjama.
Le tour d’horizon sur la presse nationale et internationale sur le net est automatique. Je suis également très inspirée et même en train d écrire mes différentes réflexions.
Le sport est obligatoire ainsi 1h 30 à 2 h en moyenne quotidiennement s’invitent. Ma journée est également rythmée par diverses lectures et je consacre une heure entière pour de la méditation.
Le jardin de la maison est un espace où je m’amuse en prenant soin de jouer avec « Kahla » un chat
de gouttière qui vit chez nous. Je demande également toujours des nouvelles de mes amis par téléphone. En fin d’ après midi, je regarde un peu la télévision pour prendre connaissance surtout de l’épidémie du Covid-19.
A 21h je gagne ma chambre. C’est à ce moment que je me connecte un peu sur les réseaux sociaux et je m’endors toujours avec un livre.

Sofien Safta

Je suis un artiste et un citoyen tunisien qui a respecté le confinement depuis le 13 mars 2020 jusqu’à nouvel ordre… Ce confinement m’a permis de prendre du recul et un temps de réflexion sur mon parcours artistique, les objectifs et les procédures pour la relance.
Plus précisément ce confinement ma permis de mettre de l’ordre dans divers papier qui s’accumulaient avec le temps du non Covid-19. Je prends également du temps pour de la composition musicale.
Cet « enfermement » m’a donnée surtout l’occasion d’être beaucoup plus de ma petite famille et de profiter de mes bébés. Auparavant il y avait beaucoup de facilités qui prenaient le dessus sur les vraies valeurs. Désormais, après le Coronavirus, l’époque sera celle de la véritable science et de la bonne culture. Fini sans doute les la télé poubelle !

Leila Chebbi, comédienne :
Je profite aussi de ce temps imposé pour la réflexion et la concentration. J’ai déjà commencé l’écriture de « Cabaret ». Un spectacle pour la fin de l’année 2020 … Inchallah.
Il m’arrive entre deux textes de faire très vite des courses. Je n’oublie pas non plus d’appeler ma famille et avoir des nouvelles. Je suis pour le moment en compagnie de deux amours. Celui de ma fille et le plaisir prochain de la scène pour partager de l’humour avec le public qui me manque énormément.

Kaouther Belhaj :
Le confinement ne me dérange pas trop puisque je suis déjà casanière. J’adore rester à la maison où je vis avec une nouvelle passion qui est le jardinage qui s’est davantage accentué ces derniers temps avec l’amour de réaliser des pots ornés de plantes. Etant donné que j’ai pris conscience que les pots coûtent de plus en plus cher, j’ai pensé à les réaliser moi-même. Je me sers de mon jardin pour les plantes et des différentes graines que je me procure d’ici et là.

Il faut donc beaucoup de temps, de patience et de pots qui tombent à pic pour m’éclater dans cette passion verte en m’inspirant beaucoup sur youtube.
A part cela, je m’occupe comme la plupart des femmes qui ont à la charge une famille pour cuisiner et les différents travaux domestiques. Mon plaisir intense, est de me retrouver ensuite sur ma terrasse qui est en hauteur pour vivre un moment privilégié avec mes plantes en parlant aux fleurs et imaginer le prochain pot à créer, à remplir et à peindre. Je m’oublie ainsi jusqu’au crépuscule en ne voyant pas le temps passer.

C’est mon mari qui me sort de ce rêve éveillé en m’appelant pour dîner. Le seul moment où je suis mal, c’est lorsqu’il fait mauvais temps m’empêchant d’aller sur la terrasse pour être au milieu de ma seconde famille, le monde des plantes en pot et vérifié l’état de leur santé.

Charif Alaoui, chanteur : « L’univers bouge… ».

Lorsqu’ on pense que toute chose bouge dans cet univers, on finit par être sûr que soi même on bouge. Cela dépend de l’environnement de chacun. Quant à moi, l’inefficacité du confinement n’entraîne pas la paresse. Au contraire ce temps de ralentissement me mets devant une profonde réflexion. J’écris, et une réelle action : je joue du piano, le Oud le « nay » le saxophone et bien autres instruments.
Je prépare deux nouveaux projets. Chansons et pédagogie pour enfants. Mon mini studio m’aide à poser des esquisses pour les futurs enregistrements. Je prends un permanent contact avec la famille, les amis, et ceux qui sont en détresse, surtout avec les personnes âgés.
J’aime faire la cuisine. La plupart des chansons je les ai composées en cuisinant. Le plus intéressant en tout cela est de ne pas oublier de marquer la journée par une action ou plusieurs actions. D’où la pensée « l’univers bouge ». Tiens j’allais oublier je fais du l’équitation au bord de la mer, la où personne n’y est. Tant mieux. Je travaille avec mon producteur à Paris pour le prochain spectacle intitulé Nomades… Nous sommes tous Nomades. La vie continue.

Amina Srarfi, artiste : « Je travaille à distance avec mes élèves du conservatoire »

On garde toujours espoir pour que ce fléau disparaisse aussi soudainement qu’il est apparu. La première semaine j’ai jeté un p’tit coup d’œil sur mon Book secret pour un récapitulatif et pour griffonner mes nouveaux projets. J’ai travaillé à distance avec mes élèves du conservatoire et ça m’a vraiment amusé. Après je suis devenue accro à facebook en essayant d’écrire des posts et unir les artistes. Pour moi, c’est si important pour améliorer leur situation dans leur propre pays.
Je consomme TV. Il y a de très belles séries américaines. Cela me relaxe et me donne des idées. Sinon j’ai découvert « Le parti pris des choses » de Francis Ponge, un livre à lire. En fin de compte, confinement c’est bon pour les méninges.


Bochra Bel Hadj Hmida : « Le confinement est plus facile pour moi que pour les personnes plus jeunes… »

Le virus du jardinage m’a déjà atteint en cette période de confinement et mes plantes retrouvent une verdoyantes santé.

Je fais aussi beaucoup de marche au bord de la mer. Auparavant, j’en profitais aussi pour ramasser les déchets tout en marmonnant plein de mots méchants à l’égard de toutes les personnes qui osent polluer les lieux publics. Je me mets ensuite à faire le ménage et à cuisiner. J’ai toujours aimé cuisiner et j’ai toujours été économe. Pas de gaspillage ! Toutefois, je prends plus de temps dans cuisine et je fais un peu plus de desserts. Sans oublier surtout d’essayer d’être encore plus économe. Après le déjeuner je me repose. Et voilà entre facebook, télévision, lecture, téléphoner à la famille et aux amis, la journée est passée.
Je pense qu’il est plus facile pour moi que pour les personnes plus jeunes et surtout plus vulnérables.
Cette situation est sans doute l’occasion de nous rendre compte qu’on peut vivre autrement… pas confinés bien évidemment mais avec les gens qu’on aime et avec peu de choses en fin de compte. J’espère que cela sera aussi l’occasion pour retrouver les règles d’hygiène chez soi comme à l’extérieur et que la solidarité soit présente à jamais entre nous.

Imene cherif

Il faut savoir gérer la situation avec beaucoup de positivité car si on est disciplinés, on peut dépasser cette pandémie. Il faut juste rester chez-soi. La seule solution pour se protéger et en gardant une distance d’un mètre à l’extérieur et avec les personnes qui nous entourent. Personnellement je ne sors pas de la maison. Cela fait déjà plus que quinze jours que je résiste louange à que moi j’ai Dieu.
Se protéger et protéger sa famille est une responsabilité surtout envers ma mère diabétique qui vit avec moi. Je protège également mon bébé qui aura bientôt trois mois et qui est fragile aussi. Je dois donc plus que jamais rester a la maison pour me protéger et protéger ma propre famille.
Jai demandé à l’aide ménagère de rester chez elle pour sa propre protection. Je passe ma journée entre la cuisine et le salon pour cuisiner, préparer les biberons et suivre les informations.
Il me faut un peu de temps pour écouter de la bonne musique pour décompresser. J’appelle mes collègues sur messanger pour demander de leurs nouvelles et je gère la distribution des dons entres les associations et les citoyens simples.

Je fais des directs sur facebook et Instagram pour parler avec mes fans et leurs demander de ne pas quitter la maison. Je prie aussi pour que le bon Dieu nous protège. Il m’arrive de pleurer tout priant malgré tout que tout ira mieux pour ma famille et notre Tunisie.

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