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Sousse : Peindre pour calmer le chaos !

 

La route vers Hadrumète est belle, particulièrement belle. On l’avait presque oubliée. La musique accompagne ces retrouvailles. Un rendez-vous dans une galerie comme pour dire que nous sommes enfin là.  L’attente fut longue et douloureuse. La vie culturelle reprend. Cette phrase à elle seule semble lumineuse.

Il est midi. Galerie El Birou, cet ancien dépôt de laine converti par Karim Sghaier, digne héritier,  en espace d’art  accueille la 4ème édition des Utopies Visuelles (avec trois expositions : Etat Fragile, Lost in Sousse et Souf-rologie).

UV4, un rayon de soleil auquel on peut s’exposer sans risques prend naissance au sein d’El Birou, qui regroupe plusieurs expositions.

 

Cette galerie est le point de départ pour un parcours artistique à travers la médina de Sousse, son souk, son vieux lycée déserté, son marché, ses ruelles oubliées et adjacentes. Des artistes de renom y laissent leur empreinte.

Ils partent à la conquête de la cité, de l’Etre et de l’Autre après cette période de distanciation, d’angoisse, de doute et de remise en question. Plus rien n’est comme avant. Rien ne sera plus comme avant ? Le chaos invite la lumière, il la provoque.

Les   artistes prennent possession de lieux abandonnés mais symboliques, comme pour signer un pacte avec la ville, avec la vie !

Omar Bey, Majed Zalila, Adel Hider, Gneoui Sbei, Soufia Ben Saied pour ne citer que quelques uns car la liste est longue, font partie de ses joyeuses retrouvailles.

Ce fut l’occasion pour nous de rencontrer Amira Zili, Directrice artistique des UV4, qui nous a parlé de cet événement en ces termes : «  Cette nomination est un vrai défi. Un défi animé par une force vitale : Nous sommes des survivants. Nous survivons à la pandémie, à la peur, à l’angoisse. Une autre approche de l’autre est là. Nous ne nous saluons plus de la même manière. Il fallait malgré tout cela, malgré ce nouveau schéma mettre en place ce projet, assurer la continuité des UV, accueillir les projets, continuer, relancer, donner un nouveau souffle… 

Je voulais que cette session soit une réussite, comme les précédentes. L’expérience fut enrichissante puisque le concept même des Utopies Visuelles est inédit.  Mon rôle consistait à gérer plus d’une vingtaine de manifestations, lancer la note conceptuelle, être à l’écoute des artistes, organiser les prestations urbaines, les talks, les présentations de livres, les conférences, etc. J’ai vécu au sein d’une déflagration artistique et c’est magique ! »

Sousse sous les UV4 brillait fort. Souvent il faut lever la tête haut, bien haut, pour lire un message épinglé par un artiste, d’autres fois encore il faut oser les rues  silencieuses et abandonnées pour croiser l’empreinte d’un peintre qui est passé par là.

Ici et là des murs lointains, comme des souvenirs anciens sur lesquels il reste encore les traces des premières prestations des UV. Le temps, évidemment, intervient, il signe également l’œuvre et décide de ce qu’il veut bien garder ou laisser.

Quant au passant, il aura eu sa potion de bonheur, souffle de vie, peinture, couleurs, rencontres, comme une promesse de vie. La vie après le chaos.

Reportage Emna Louzyr

Crédit photo : Skander Zarrad